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02 janvier 2016 Rédigé par Administrateur


Chat difficile

On dénombre aujourd’hui en Belgique plus de 1,9 millions de félins ... La population féline belge dépasse donc aujourd’hui celle des chiens. C’est dire la place plus qu’importante qu’occupe aujourd’hui l’espèce féline dans notre environnement quotidien.

Et vous qui êtes possesseur de chat ... Ou qui avez dans votre entourage des amis ou de la famille qui vous relate fréquemment les expériences parfois bien troublantes du comportement alimentaire de leur compagnon félin ... Vous êtes curieux de comprendre les lois qui régissent à la sélection alimentaire de nos compagnons félins.

Alors ... le refus de manger de votre chat relève-t-il d’une simple caprice ou présente-t-il vraiment des préférences alimentaires ?
C’est sur cette question bien d’actualité que nous allons, à travers ces quelques lignes, tenté de lever quelque peu le voile.

L’appétence d’un aliment ...
L’appétence ... Un vocable très largement utilisé dans le milieu de l’alimentation de nos animaux domestiques qu’ils soient chiens, chats mais aussi rongeurs, oiseaux et toute espèce aujourd’hui domestiquée …

Pour sûr ... Il ne se passe pas un jour sans que vous ne vous sentiez concernés par l’appétence d’un aliment : parce que votre chat rechigne à manger, parce qu’il semble subitement capricieux.  Et naturellement, l’appétence de l’aliment est immédiatement mise en jeu. Sans autre égard !

Et pourtant, maîtrisons-nous vraiment cette notion d’appétence. Pouvons-nous vraiment la mettre systématiquement en cause ?
L’appétence caractérise l’attractivité d’un aliment pour l’animal et la facilité avec laquelle celui-ci va le consommer.
De nombreuses années d’études ont permis d’aboutir à une compréhension poussée des trois éléments-clés qui conditionnent l’appétence d’un aliment donné.

En effet, l’appétence est une notion globale qui dépend de trois facteurs clés :
Ainsi, les facteurs liés à l’animal lui-même peuvent influencer l’acceptabilité de l’aliment par ce même animal (l’espèce et l’individu),
Les facteurs liés à l’environnement (le propriétaire, le lieu et le mode de vie) seront également déterminants,
Et enfin, les caractéristiques propres à l’aliment lui-même joueront inévitablement un rôle d’influence sur la facilité de prise spontanée de l’animal envers cet aliment (odeur, forme, texture, goût, composition…).

Ces trois catégories d’éléments majeurs constituent ce que nous appellerons la trilogie de l’appétence … C’est dire si les causes d’un refus alimentaires sont susceptibles d’être multiples ... et surtout non directement liée à l’aliment lui-même !

Les étapes de la sélection alimentaire ...
La sélection alimentaire par le chat (ou le chien) comprend quatre étapes successives :
- L’animal sent l’aliment pour en évaluer les odeurs et la température
Cette étape est permise par la présence des récepteurs olfactifs à la surface de la muqueuse du nez.  Au nombre de 65 millions chez le chat (en moyenne), ces petits capteurs d’odeurs permettent une sensibilité très élevée aux odeurs diverses et place le sens de l’odorat à la première place dans la sélection alimentaire.

- Si l’aliment sent bon, l’animal tente alors de le saisir et est ainsi confronté à la facilité de préhension de l’aliment
A ce stade, ce sont les caractéristiques intrinsèques de l’aliment proposé qui entrent en ligne de compte : la forme de la croquette (adaptée ou pas au mode de préhension de notre chat) mais aussi la taille de la croquette….

- Une fois dans sa gueule, l’aliment est évalué par rapport à son goût et à ses propriétés physiques : à nouveau la taille et la forme des croquettes, la sensation qu’elles procurent dans la gueule, la facilité à les broyer, à les mâcher, etc.
- Enfin, les effets post-ingestifs constituent la dernière étape.

Contrairement aux idées reçues, le goût de l’aliment est donc loin d’être un facteur déterminant dans la sélection alimentaire.

Les préférences alimentaires du chat ...
Le comportement alimentaire du chat est soumis à ces divers facteurs, variables et  dépend également de la manière dont le félin perçoit chaque aspect de son alimentation. Ses divers sens (odorat, sensation en bouche, goût) et leur utilisation constituent une étape cruciale dans le processus de détermination de sa préférence alimentaire.  Chaque message reçu par un sens particulier sera envoyé au cerveau pour ensuite être décodé. Ainsi, l'olfaction et les sensations à la préhension, les sensations en bouche et les perceptions en post-ingestion sont extrêmement importantes.   Chaque chat analyse globalement les sensations et détermine ensuite de manière individuelle sa préférence alimentaire

En fonction de chaque chat, l’une ou l’autre sensation sera prépondérante dans le choix alimentaire et la préférence qu’il affichera à la sélection de son aliment.

Un aliment bien accepté par un individu ne fera donc probablement pas le bonheur d’autres… au grand désarroi des industriels de l’alimentation qui, fort de ces connaissances, se doivent de proposer des formulations susceptibles de répondre aux exigences de chaque chat en particulier !

N’hésitez pas à parler de tout ceci avec votre vétérinaire ...
Il sera d’excellents conseils pour vous accompagner dans la compréhension de ces facteurs multiples…

Pour aider votre chat à vivre mieux et plus longtemps !

 


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